26 juillet 2005

Formes

La plupart des romanciers n’ont pas abandonné une structure assez classique, elle-même déclinée en de multiples possibilités. Il faut lire ou relire, pour ceux que cela intéresse, le formidable bouquin que David Lodge avait consacré à travers, si mes souvenirs sont bons, cinquante exemples, aux questions formelles les plus fréquentes dans le roman.
Mais il se rencontre, dans la prochaine rentrée, quelques exceptions, et je suis déjà tombé sur l’une ou l’autre.
Danièle Pétrès, par exemple, a recherché une certaine originalité dans son premier roman, La lecture (Denoël, 111 pages, 12,00 euros, en librairie le 22 août). Quatre personnages, quatre récits successifs qui racontent la même soirée de manières différentes. Le soir de la lecture d’un texte mis en espace, comme on dit aujourd’hui. Où chacun aurait eu de bonnes raisons de ne pas se rendre, et l’auteur n’en dit pas trop sur les liens qui unissent les protagonistes. On est dans le flou, j’aime plutôt ça, même si ça ne conduit pas très loin. Mais, après tout, c’est une œuvre initiale, et l’effort est appréciable.
Bayon, lui, bouscule (un peu) les étiquettes de genres : romans, dit-il pour Les pays immobiles (Grasset, 303 pages, 18,00 euros, en librairie le 31 août). Fragments de romans, aurait-il pu préciser, même si cela aurait été un peu lourd sur le couverture, puisqu’il explique dans une brève introduction comment il a construit son livre, à partir d’extraits de livres écrits et non publiés. Extraits publiables de livres impubliables, en quelque sorte. Ce serait sans intérêt si les chapitres ainsi sauvés (du feu ?) ne se répondaient et ne créaient un monde authentique, avec des personnages récurrents qui finissent par se construire des histoires – dont il nous manque des morceaux, mais pourquoi pas ?
Autre étiquette (mais pas sur la couverture, sur la page de titre) pour Xavier Hanotte et L’architecte du désastre (Belfond, 228 pages, 16,00 euros, en librairie le 18 août). Ce sont des nouvelles et romans brefs, puisés dans l’univers de ses romans précédents, neuf textes groupés en trois parties. Les atmosphères sont prégnantes. La mémoire y joue un rôle essentiel. La guerre est présente et des bas filent. La plupart de ces fictions ont été publiées ici ou là. La plupart ont été retravaillées depuis. Pour donner un sens à l’ensemble, et c’est réussi.

Posté par pierremaury à 06:46 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Formes

    Interessant mais terriblement frustrant pour un simple lecteur qui voit défiler des titres pas encore disponibles en librairie. Si vous deviez conseiller juste un titre pour cet été parmi les livres qui ont été publiés récemment ?
    Un sportif lecteur.

    Posté par chaque homme, 26 juillet 2005 à 10:31 | | Répondre
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