01 août 2005

Madagascar

Un jour, je terminerai mon livre sur Madagascar. Il ne ressemblera pas, je l’espère, à ceux que je lis quand je les trouve – et ce n’est pas toujours facile. Les deux derniers m’ont été prêtés par une libraire de Tana, qui se soucie davantage de faire circuler les ouvrages que de les vendre ? Il est vrai qu’elle espérait, dans mon cas, quelques retombées médiatiques, et qu’elle n’avait pas tort : vendredi, je consacre une émission de radio à Christian Dumoux, pour Une enfance malgache (L’Harmattan, coll. Graveurs de mémoire, 150 pages, 30.000 ariary à la librairie Lecture & Loisirs). J’en avais demandé le fichier PDF chez l’éditeur, pour aller vite, et j’ai reçu l’indication d’un lien qui aurait dû me permettre de le charger, mais je n’y arrive pas et j’ignore pourquoi.

Bref, j’ai lu et j’ai moyennement apprécié. Cette enfance est intéressante, certes, parce ce fils de colon n’a pas vécu dans l’opulence, loin de là, et que sa perception du pays est sans doute plus authentique que dans bien d’autres cas. Mais il y a beaucoup de redites d’un chapitre à l’autre – chaque chapitre étant consacré à une des quatorze maisons occupées par la famille au fil des pérégrinations professionnelles du père, et aussi des hauts et des bas (avec davantage de bas) dans les rentrées d’argent. Ce n’est pas très bien écrit et je crains que l’ambition de Christian Dumoux, qui me disait samedi vouloir devenir écrivain, soit contrariée par le manque de souplesse de sa plume.

Ce n’est pas le cas de Roland Vilella, qui offre de belles pages dans Henri le navigateur (L’Harmattan, 381 pages, 300.000 ariary). L’histoire serait rocambolesque si elle n’était vraie : la livraison d’un don de médicaments à Madagascar en butte à une administration non seulement tatillonne mais aussi et surtout gourmande. Le transport s’effectue en voilier, sur le Samarcande, et rien que cela est une aventure, à laquelle d’ailleurs le marin consacre la plus grande partie de son livre. La navigation se prête à la réflexion, que ce soit pendant les moments de calme où le vent ne vient pas, ou pendant ceux qui obligent à la lutte contre des éléments hostiles. Récit de voyage, donc, ce texte est enlevé de belle manière. Je ne sais pas si Roland Vilella a l’intention de devenir écrivain. Quelle importance ? Il l’est déjà !

Posté par pierremaury à 07:20 - Commentaires [1] - Permalien [#]


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