16 août 2005

Faute de temps

Il y a des informations dont on ne pourrait se passer. Comme celle-ci, trouvée dans une dépêche AFP tombée hier : Victoria Beckham n’a jamais lu un livre… faute de temps ! Voilà qui me met de bonne humeur, moi qui manque de temps pour lire tous les livres que je voudrais lire. La star (ou femme de star, ou les deux à la fois, ce qui fait quand même, je le concède, deux occupations à temps plein) apporte quand même une nuance : elle aime bien les magazines de mode. Peut-être y lit-elle de temps à autre un article, entre deux heures passées à dévorer les photos ?

Trêve de plaisanterie : comme tout le reste, lire ou ne pas lire est, pour la très grande majorité des individus, un choix. Et je ne méprise pas ceux qui font le choix opposé au mien. Je m’interroge simplement sur cet étrange besoin à justifier par le manque de temps une attitude qui n’a rien de honteux mais qui est perçue quand même, au minimum, comme peu correcte. Surtout quand on a, comme Victoria Beckham, écrit un livre autobiographique – ou signé, ce qui expliquerait qu’elle ne l’a pas lu. Des « auteurs » réputés pour faire appel à des nègres ont ainsi provoqué la raillerie, quand on leur attribuait ce mot : « Je n’ai pas eu le temps de lire mon livre. »

Cela nous place bien loin de la rentrée littéraire, nous y sommes presque maintenant, dans laquelle les romans qui se pressent sont, dans leur très grande majorité, des œuvres portées par des écrivains tentant d’atteindre le point d’incandescence, et y parvenant pour quelques-uns d’entre eux. Comme Shirley Hazzard, avec un titre qui m’a inspiré la précédente métaphore : Le grand incendie (traduit de l’anglais d’Australie par Claire Céra, Gallimard, 416 pages, 22,90 euros, en librairie le 22 août). Dans le grand tremblement de l’après-guerre, des hommes et des femmes tentent de retrouver des points de repère au sein d’un monde que la bombe atomique a modifié à jamais. C’est magnifique.

Depuis la précédente intervention sur ce blog, j’ai aussi regardé l’essentiel des championnats du monde d’athlétisme à la télévision, ça prend du temps. Je sors d’un gros rhume épuisant, ça modifie la perception du temps. J’ai chargé, pour les besoins d’un vague projet futur, quantité de littérature classique dans l’ordinateur, ça mange des heures quand on n’est pas connecté à l’ADSL, inexistant ici. Et, bien sûr, j’ai lu pas mal de livres, dont je ne vous parle pas, faute de temps.

Posté par pierremaury à 04:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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